Comportements alimentaires
Beaucoup de choses de jouent dans la petite enfance
Selon une étude réalisée par l’Inra la formation du
goût et les pratiques alimentaires se forgent dans la petite enfance. Le rôle des
parents est primordial en la matière.
«Si le
comportement alimentaire évolue avec l’âge, les préférences sensorielles se
construisent au cours des premières
années de la vie et sont ensuite difficile à changer » indique l’Inra
dans une étude qu’elle vient de réaliser sur les pratiques alimentaires des
Français (1).
L’apprentissage des goûts et le répertoire alimentaire commence
très tôt, dès la vie fœtale, à partir du 7eme mois de grossesse. Jusqu’à l’âge
de 1 à 2 ans, les jeunes enfants font preuve naturellement d’une bonne capacité
à contrôler leur prise alimentaire à partir de signaux purement physiologiques.
Mais cette capacité diminue ensuite avec l’apparition de signaux externes qui
conditionnent le comportement de l’enfant. Les encouragements à manger des
parents notamment, la plus grande disponibilité des aliments prennent le pas sur
les signaux physiologiques.
Dès l’âge de cinq ans, plus le contrôle exercé par les
parents sur les prises alimentaires de leur enfant est grand, moins bonne est la
capacité d’autorégulation, poursuit l’Inra. Mais avec quelquefois des effets
négatifs. Certaines pratiques éducatives comme le chantage (« tu ne
sortiras pas de table avant d’avoir mangé des épinards »), la récompense
(« si tu manges des épinards, tu auras un dessert »), la substitution
(« si tu n’aimes pas les épinards, je te fais des frites »),
expliquent le rejet, à contrario, de certains aliments.
Leçons à tirer : Mieux vaut proposer de manière
répétée une variété d’aliments, sans
contrainte pour élargir le registre alimentaire de l’enfant. Et
conclusion de l’Inra les parents contribuent à l’adoption d’habitudes
alimentaires qui sont « très
résistantes au changement une fois
établies ».
Contraintes psycho-sociales
A l’adolescence, l’enfant traverse un âge de
changement des habitudes alimentaires où coexistent alimentation familiale et
alimentation hors domicile. L’alimentation hors domicile est l’occasion
d’expérimenter une certaine liberté (horaires, composition des repas,
déstructuration des prises alimentaires…). Mais estime l’Inra, « Ces pratiques semblent cependant être
transitoires et laissent place ensuite à un retour à une alimentation de type
« familial », lors de la constitution des couples, de la naissance des
enfants ou de l’accès à l’emploi ». Bref, en dehors des troubles de
comportement (anorexie, boulimie) et de pratiques à risque, « l’alimentation des adolescents ne
pose pas de problème de santé publique ».
Par contre, l’Inra pointe une multitude de signaux qui
modifient la sensation de faim ou de rassasiement. Ainsi cette régulation est
d’autant plus affectée que le mangeur est distrait et ne porte pas attention à
ce qu’il consomme. C’est le cas par exemple lorsqu’il mange en regardant la
télévision ou dans le bruit. « Ces
distractions augmentent la quantité ingérée au cours du repas » note
l’Inra.
Cette sensation de faim ou de rassasiement est soumise à
diverses contraintes sociales. En particulier l’heure de repas, et leur contenu
nous incitent à manger alors que nous n’avons pas faim. Enfin, la multiplication
de l’offre stimule l’appétit et la consommation d’aliments faciles d’accès. De
même la visibilité du produit à la maison, liée à l’achat en grande quantité
(promotion) ou par le rangement dans le réfrigérateur ou le placard, augmente la
fréquence de consommation, ainsi que la quantité consommée à chaque occasion,
surtout, pour les aliments prêts à consommer. Par exemple, si on achète un lot
de tablettes de chocolat en promotion, en pensant faire des économies, au final
on aura tout simplement mangé plus de chocolat que d’habitude.
Plus surprenant une mauvaise appréciation du contenu à
travers le format de l’emballage perturbe le rassasiement. A volume égal, les
quantités apparaissent plus élevées dans les contenants allongés (une bouteille
par exemple) que dans des contenants larges aux proportions
équilibrées.