Le jugement de l’OCDE sur les politiques
agricoles
Un meilleur ciblage est nécessaire
Dans son
nouveau rapport sur les politiques agricoles, l’OCDE préconise une réduction des
soutiens et un meilleur ciblage des aides accordées sur des objectifs
précis.
Voilà un nouveau
rapport qui ne va pas dans le sens d’un maintien des budgets agricoles. Alors
que les négociations de la future Pac sont lancées, l’OCDE jette un pavé dans la
marre et préconise une diminution des soutiens agricoles et un meilleur ciblage
dans son nouveau rapport sur les politiques agricoles des pays de l’OCDE.
Pour l’OCDE qui porte
un jugement globalement négatif sur
les aides publiques à l’agriculture, les pouvoirs publics devraient profiter des
contraintes économiques qui découlent de la crise économique pour réévaluer et
adapter leurs politiques de soutien agricole pour atteindre certains objectifs
économiques, sociaux et environnementaux. Selon Wilfrid Legg, chef de division
Politiques agricoles et environnement à l’OCDE, les aides accordées aux
agriculteurs ne sont pas efficaces et sont source de gaspillage. « Sur une somme 100 accordée à un
agriculteur, une petite partie estimée à 25 va réellement dans sa poche, le
reste profite aux fournisseurs de l’agriculture (engrais, phyto, machinisme
agricole…) ou aux achats de terre... » observe-t-il..
C’est la raison pour
laquelle le rapport stipule, « un
meilleur ciblage serait nécessaire face à certains impératifs tels que la
gestion des risques ou la protection de l’environnement ». En outre,
les responsables de l’action publique « devraient réduire les subventions qui
faussent les marchés et dissocier les paiements publics de la production
agricole ». Ce n’est pas à
l’OCDE que la France trouvera des arguments pour défendre le budget agricole de
la Pac.
Peux
mieux faire
Pour l’OCDE, les
choses ne se sont guère améliorées en 2009. La part des recettes agricoles
assurée par les plans gouvernementaux a légèrement augmenté dans les pays de
l’OCDE, renversant une tendance observée depuis 1986. En effet, le rapport sur
les politiques agricoles publié par l’OCDE indique que l’estimation du soutien
aux agriculteurs (ESP) s’est hissée en 2009 à 252,5 milliards de dollars
environ, soit 22 % des recettes totales contre 21 % en 2008. Selon l’OCDE cette hausse du soutien
s’explique par le fait que les prix des
produits agricoles de base sont redescendus des sommets atteints en 2008.
Ce qui a entraîné l’activation de mesures publiques destinées à soutenir les
prix intérieurs ou les revenus des agriculteurs. Ainsi aux Etats-Unis, le soutien aux
exploitants est passé de 8 à 10 % des recettes agricoles totales l’an dernier
alors qu’il a augmenté de 20 à 22 % dans l’Union européenne.
Mais la tendance de
fond est plutôt favorable, estiment les experts : le soutien public
atteignait 37 % en 1986 et il était encore de 35 % en 1999. En outre, les
soutiens sont « moins
contestables ». En ce sens que les différentes réformes mises en œuvre,
notamment en Europe, ont abouti à découpler les aides de la production. Ce qui
perturbe moins les échanges. Et que le soutien accordé est conditionné à la mise
en œuvre de pratiques plus respectueuses de l’environnement, de conservation des
ressources naturelles ou le bien-être animal.